
L'enfant céda et se retourna, son corps comme parcouru de spasmes haineux, elle le fit entrer chez eux et l'emmena dans la petite piéce où se trouvait son pére et rien qu'à cette vue, son coeur s'apaisa.
Son pére serait toujours là pour elle, il la protégerai ! Il la protégerait même de cet homme macabre qui lui faisait si peur !
L'homme, d'un geste, dégagea l'enfant de son passage et s'assit sur le canapé où se trouvait son "agent" qui le regarda et l'on voyait combien il luttait contre quelque chose d'intérieur :
- Monsieur ...
- Bon on ne va pas tourner autour du pot, déclara le visiteur, je reprends Judith avec moi.

Provoquant une stupeur aussi innatendue que violente autant chez l'adulte que chez l'enfant restée un peu retrait aprés avoir couché la petite Herberia dans son berceau se situant dans cette même salle, Charles Briard était un homme glacial et terrorisant : ce spectacle le divertissait certainement !
Reprenant la parole, le visiteur parla pendant un long moment, ne laissant à son interlocuteur que quelques pauses pour s'exprimer (comprenez : répondre aux questions du premier) et son ton était celui du maître, celui qui dirige et décide de tout sans que personne ne s'oppose jamais à lui.
Dérriére lui se tenait droite et sans broncher, Judith, enfant parfaitement illégitime qu'il avait eu d'une femme qui lui était tout aussi illégitime ...
Charles Briard était l'un des plus terribles chefs prospérant dans la mafia, à la tête de son propre clan, il visait le contrôle total des autres mais il avait mis ses plans de côtés il y a quelques années en entretenant une liaison avec Caroline Städt, femme de Marc Fischer le chef du clan Städt et l'annonce de la grosesse de celle-ci fut problématique et pourtant, ils avaient choisir de fuir ... mais Caroline revint 6 mois plus tard au sein des Städt sans que personne ne fusse jamais au courant de quoique ce soit sauf une vague rumeur comme quoi, elle aurait tenté de s'enfuir avec un amant inconnu mais qu'il l'aurait abandonnée et le chef Briard devint une ombre traquée mais introuvable et son plus grand secret se trouvait à présent tout entier réunis dans une fillette d'un métre quarante-trois.

- Fischer est dangereux : intelligent et intuitif, il m'a retrouvé et il a aussi trouvé une trace d'un enfant que j'aurai eu ... Cet homme est une bête, il tuera tout ce qu'il pourra et en particulier tout ce qui peut avoir le moindre lien avec moi donc tu vas rester ici et couvrir mes arriéres, je pars avec Judith pour l'Angleterre, ma soeur va la receptionner et je reviendrai m'occuper de ce type quitte à déclencher une guerre de clan.
- Mais vous n'avez pas les moyens de déclencher une guerre contre Fischer ! Il tient à lui tout seul tous ces abrutis américains qu'il a réunis sous son nom, il a détruit toutes vos branches d'espionnages en Allemagne ... D'ailleurs, le meilleur de vos agent : Paul Eluard s'est violement fait tuer alors qu'il s'était réfugié au fin fond des fôrets allemandes ! Si Fischer ne découvre par on ne sait quel moyen, qu'en plus de tout ça, votre fille est ... l'enfant de ...
- Ta geule ! Un mec comme lui ne pourra pas m'avoir ! C'est impossible ! La personne qui me tuera aura plutôt interêt à être intelligent et fort, assez fort pour m'égaler ...
- Je ne...

- Herho, je ne suis pas venu discuter et te demander quoique ce soit, je suis venu te donner des nouvelles de ta mission et ce que tu auras à faire. Et puis, tu as beau avoir joué avec elle à la petite famille, Judith reste ma fille et je lui prévois un futur ... digne d'elle, digne du nom qu'elle porte !
- Monsieur ... C'est mon nom qu'elle porte et je ...
Mais sans écouter ce que lui disait son agent, Charles Briard se leva et se tourna face à la fillette.
Toute sa vie, il avait repéré et dréssé des êtres humains pour devenir ses chiens et aujourd'hui, cadeau du ciel, on lui offrait un petit chien parfait à qui il ne restait qu'à rajouter des crocs et qui serait son arme la plus belle, la plus puissante !
Oui, il utiliserai ce jouet comme arme pour accomplir ces plans !
Quelle ironie que ce soit cette enfant pour laquelle il avait tant bataillé pour cacher l'existence que le jour où elle naîtrait réellement, ce jour serait la fin de ce qui lui avait donné vie !

Soudain, les pleurs de Herberia vinrent troubler la lourde atmosphére que Briard faisait planer dans la piéce, se dirigeant vers sa fille et passant devant Judith qui regarda le seul qu'elle appelait papa mais qui évita son regard et prenant la toute petite fille et la serrant contre son coeur comme pour créer une barriére tout autour et ce fut à cet instant précis que Judith vit la scéne avec une nouvelle vue :
Le pére protégeait Herberia de toutes ses forces et l'aimait d'un amour qui semblait pouvoir briser tous les obstacles ... mais ce n'était plus son pére, en cette soirée, le lien qui les avaient unis se brisait pour ne laisser place qu'à un triste néant : Judith était seule, profondément seule. Son géniteur avait des projets pour elle qui n'incluaient en aucun cas le moindre amour pour elle et ne prenait pas en compte son bonheur tandis que celui qui la délaissait, celui qui l'avait aimé comme un pére se détournait d'elle pour protéger son véritable enfant et elle, au millieu de ce chaos tentait de continuer à rester debout ...
Pas un seul être ne la regardait et elle ...Et bien : et elle, Judith fermait son coeur ainsi que ses yeux en même temps que sa vie se refermait sur elle pour l'emprissonner dans la douleur.