#3#  posté le mardi 01 juillet 2008 00:28

L'enfant céda et se retourna, son corps comme parcouru de spasmes haineux, elle le fit entrer chez eux et l'emmena dans la petite piéce où se trouvait son pére et rien qu'à cette vue, son coeur s'apaisa.

Son pére serait toujours là pour elle, il la protégerai ! Il la protégerait même de cet homme macabre qui lui faisait si peur !

L'homme, d'un geste, dégagea l'enfant de son passage et s'assit sur le canapé où se trouvait son "agent" qui le regarda et l'on voyait combien il luttait contre quelque chose d'intérieur :

- Monsieur ...

- Bon on ne va pas tourner autour du pot, déclara le visiteur, je reprends Judith avec moi.

Provoquant une stupeur aussi innatendue que violente autant chez l'adulte que chez l'enfant restée un peu retrait aprés avoir couché la petite Herberia dans son berceau se situant dans cette même salle, Charles Briard était un homme glacial et terrorisant : ce spectacle le divertissait certainement !

Reprenant la parole, le visiteur parla pendant un long moment, ne laissant à son interlocuteur que quelques pauses pour s'exprimer (comprenez : répondre aux questions du premier) et son ton était celui du maître, celui qui dirige et décide de tout sans que personne ne s'oppose jamais à lui.

Dérriére lui se tenait droite et sans broncher, Judith, enfant parfaitement illégitime qu'il avait eu d'une femme qui lui était tout aussi illégitime ...

Charles  Briard était l'un des plus terribles chefs prospérant dans la mafia, à la tête de son propre clan, il visait le contrôle total des autres mais il avait mis ses plans de côtés il y a quelques années en entretenant une liaison avec Caroline Städt, femme de  Marc Fischer le chef du clan Städt et l'annonce de la grosesse de celle-ci fut problématique et pourtant, ils avaient choisir de fuir ... mais Caroline revint 6 mois plus tard au sein des Städt sans que personne ne fusse jamais au courant de quoique ce soit sauf une vague rumeur comme quoi, elle aurait tenté de s'enfuir avec un amant inconnu mais qu'il l'aurait abandonnée et le chef Briard devint une ombre traquée mais introuvable et son plus grand secret se trouvait à présent tout entier réunis dans une fillette d'un métre quarante-trois.

- Fischer est dangereux : intelligent et intuitif, il m'a retrouvé et il a aussi trouvé une trace d'un enfant que j'aurai eu ... Cet homme est une bête, il tuera tout ce qu'il pourra et en particulier tout ce qui peut avoir le moindre lien avec moi donc tu vas rester ici et couvrir mes arriéres, je pars avec Judith pour l'Angleterre, ma soeur va la receptionner et je reviendrai m'occuper de ce type quitte à déclencher une guerre de clan.

- Mais vous n'avez pas les moyens de déclencher une guerre contre Fischer ! Il tient à lui tout seul tous ces abrutis américains qu'il a réunis sous son nom, il a détruit toutes vos branches d'espionnages en Allemagne ... D'ailleurs, le meilleur de vos agent : Paul Eluard s'est violement fait tuer alors qu'il s'était réfugié au fin fond des fôrets allemandes ! Si Fischer ne découvre par on ne sait quel moyen, qu'en plus de tout ça, votre fille est ... l'enfant de ...

- Ta geule ! Un mec comme lui ne pourra pas m'avoir ! C'est impossible ! La personne qui me tuera aura plutôt interêt à être intelligent et fort, assez fort pour m'égaler ...

- Je ne...

- Herho, je ne suis pas venu discuter et te demander quoique ce soit, je suis venu te donner des nouvelles de ta mission et ce que tu auras à faire. Et puis, tu as beau avoir joué avec elle à la petite famille, Judith reste ma fille et je lui prévois un futur ... digne d'elle, digne du nom qu'elle porte !

- Monsieur ... C'est mon nom qu'elle porte et je ...

Mais sans écouter ce que lui disait son agent, Charles Briard se leva et se tourna face à la fillette.

Toute sa vie, il avait repéré et dréssé des êtres humains pour devenir ses chiens et aujourd'hui, cadeau du ciel, on lui offrait un petit chien parfait à qui il ne restait qu'à rajouter des crocs et qui serait son arme la plus belle, la plus puissante !

Oui, il utiliserai ce jouet comme arme pour accomplir ces plans !

Quelle ironie que ce soit cette enfant pour laquelle il avait tant bataillé pour cacher l'existence que le jour où elle naîtrait réellement, ce jour serait la fin de ce qui lui avait donné vie !

Soudain, les pleurs de Herberia vinrent troubler la lourde atmosphére que Briard faisait planer dans la piéce, se dirigeant vers sa fille et passant devant Judith qui regarda le seul qu'elle appelait papa mais qui évita son regard et prenant la toute petite fille et la serrant contre son coeur comme pour créer une barriére tout autour et ce fut à cet instant précis que Judith vit la scéne avec une nouvelle vue :

Le pére protégeait Herberia de toutes ses forces et l'aimait d'un amour qui semblait pouvoir briser tous les obstacles ... mais ce n'était plus son pére, en cette soirée, le lien qui les avaient unis se brisait pour ne laisser place qu'à un triste néant : Judith était seule, profondément seule. Son géniteur avait des projets pour elle qui n'incluaient en aucun cas le moindre amour pour elle et ne prenait pas en compte son bonheur tandis que celui qui la délaissait, celui qui l'avait aimé comme un pére se détournait d'elle pour protéger son véritable enfant et elle, au millieu de ce chaos tentait de continuer à rester debout ...

Pas un seul être ne la regardait et elle ...Et bien : et elle, Judith fermait son coeur ainsi que ses yeux en même temps que sa vie se refermait sur elle pour l'emprissonner dans la douleur.

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Non je ne suis pas morte !  posté le lundi 07 juillet 2008 15:33

Je crois que tout est dans le titre ...

Non, malgré mon absence trés trés longue, je ne suis pas morte mais ... malheureusement, étant en vacances, j'ai énormement bougé, là je viens de terminer la Japan-Expo où j'ai fait les 4 jours ...

Je trouve le temps d'écrire cet article alors que je rentre juste chez moi (il est 15h30) et que je file me coucher pour moins de 2 heures de sommeil ...

Je suis désolée, je pense qu'il n'y aura plus rien avant la fin août maintenant puisque je pars ...

Je sais, je suis trop nulle, je suis désolée !

Plein de bisous à tous et toutes quand même !

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah et pour vous faire patienter :

Il va y avoir deux morts, devinez qui ^^ 

 

Bonne vacances tout le monde, je vous aime

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#4#  posté le vendredi 25 juillet 2008 15:23

Judith avait tout juste 9 ans et ce fut le tout dernier jour de sa paisible existence d'enfant heureuse.

 

 

Retour au présent, l'enfant désabusée, 14 ans plus tard se trouvait dans une salle de bain, s'apprêtant à réaliser le destin qu'on lui avait imposé.

Il était bientôt minuit, Judith avait passé la longue robe d'une blancheur immaculée prévue normalement pour le lendemain.

Cela faisait prés de deux heures qu'elle s'était enfermée dans cette piéce avec cette même tenue ce qui éveilla des soupçons chez l'homme qui devait partager son destin et Imre voulut entrer pour s'assurer que tout aller bien pour elle et c'est en poussant la porte qu'il découvrit face à lui un spectacle qui sans totalement savoir comment, le bouleversa :

- Judith ?

Elle ne lui répondit pas mais planta au plus profond de son être son regard d'azur comme pour en extirper la noirceur, il y avait dans cette femme un tel tourbillon de mystéres !

La mission de Imre était simplement de s'approcher et de surveiller cette mystérieuse enfant de Caroline Städt dont personne ne savait rien et alors, qu'il était censé la manipuler pour connaître tous ces secrets et l'attacher à lui pour en garder le contrôle, il semblerait qu'il se soit de lui même plongé au millieu du secret qu'est Judith et qu'il s'y soit emprissoné : oui, Imre l'aimait et tout ce qu'il avait pu lui dire, se révélait être la vérité et non des mensonges calculés dans le seul but de la manipuler et tout ça, ce n'était que maintenant qu'il s'en rendait compte.

Si seulement il avait pu savoir. Savoir que c'était trop tard. Voir la spirale de desespoir dans laquelle ils étaient plongés. Comprendre l'interdit que représentait le fait d'aimer une telle femme. Ou simplement entendre les rugissements terribles provenant de l'âme de Judith et qui criait sa douleur et les affres affreux qui attendaient quiconque voulait s'approcher ou s'approprier ce fruit défendu.

Il passa ses bras autour de sa fine tailler et la rapprocha contre lui et comme si elle s'y attendait, elle le laissa l'enlacer en passant à son tour ses deux bras autour de son cou, posant ses mains sur la nuque forte de Imre.

Il se perdit dans le parfum étourdissant de Judith : un mélange de sensualité et de de force.

Alors qu'il ouvrit la bouche en se dégagaent trés légérement de la jeune femme :

- Judith, je t'ai...

Mais ses mots se perdirent dans le néant.

Le visage de Judith.

Elle était si belle : ses court cheveux noir de jais refletait des teintes aux limites du bleu/violet, ses immenses yeux aux iris si envoûtantes, son petit nez droit, sa bouche pulpeuse au goût d'abandon et tout son corps parcouru d'une énergie suitante de sensualité.

Cette vision qui représentait son eden mais son enfer, cette toute derniére vision, qu'il gravait en lui, lui faisait s'estomper la douleur violente qui enserrait son coeur dans un étau d'acier froid.

Alors que tout son corps s'engourdissait de mort et qu'il tombait au sol, le visage stoïque de Judith lui lacérait le coeur et l'âme jusqu'à ce que ses yeux grands ouverts ne lui offrent plus que le noir de l'éternité, le sombre néant de la mort.

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#5#  posté le dimanche 27 juillet 2008 11:30

D'où pouvait provenir cette douleur lancinante dans son coeur ?

Pourquoi ?

Pourquoi elle ?

Pourquoi maintenant ?

La scéne se passait comme au ralenti, comme si ce n'était pas elle, Judith qui la vivait, comme si le contact froid de son arme dans sa main gauche n'était pas réel et comme si, elle ne venait pas de tuer Imre Lymbe, l'homme censé l'épouser ...

Dans son oreille, un léger greissillement ... puis tout commença... ou tout se fini, cela dépendait depuis quel camp on se plaçait : si, comme Imre, on se plaçait du point de vue du clan Städt alors c'était la fin, la fin de ce qui avait toujours été pour eux : leurs vies, leur "régne" et leur prospérité, tout cela se terminait dans cette nuit glaciale et sombre d'avril ... mais si au contraire, vous êtes du camps inverse, si comme Judith, vous vous trouvez attaché à un homme, Charles Briard et son clan du même nom alors dans ce cas c'est au contraire un commencement car en cette nuit, cet homme passé pour mort aux yeux du monde venait de lâcher ces chiens affamés, retenus pendant 14 longues années dans l'ombre de l'oubli et du secret car ce clan avait perdu sa légitimité mais avait survécu, caché et reclu en fermentant leur retour sur le devant de la scéne, de la vie et tout ça par l'intermédiaire d'une petite enfant qui avait eu pour mission de leur préparer le terrain en tuant Caroline Städt et le chef de clan Marc Fischer tout en infiltrant cette demeure : la Maison, forteresse inprenable des Städt pour justement la rendre prenable et c'est précisement ce que Judith avait fait pendant toutes ces années, elle n'avait rien fait d'autre que de préparer le retour en force des Briard, son pére à leur tête.

Les agents Briard avaient déjà commencé leur carnage en pénétrant dans la Maison grâce au plan et informations que Judith leur avait scrupuleusement fournis.

Et elle. Elle se trouvait face au tout premier cadavre qui allaient pavés le chemin de Charles Briard vers son objectif : avoir sous son contrôle la totalité de la mafia, ce qui signifiait par extension d'avoir le contrôle de tout.

Sa main se refermant de plus en plus durement sur l'arme lui renvoyait un contact si froid qu'il semblait ne même pas pouvoir être réchauffé par sa propre chaleur et elle revint à la réalité et en se détournant du cadavre pour se placer à la hauteur du visage pâli du mort

- Toi et moi, nous ne sommes que des victimes d'une folie dont on ne peut que ressentir les effets dévastateurs.

Un nouveau greissillement souffla quelques mots dans son oreille.

Elle regarda une derniére fois cet homme...

S'il ne l'avait pas approché, s'il n'avait pas choisi d'entrer dans sa vie, il aurait probablement pu vivre de longues années peut être même heureux !

Mais il avait fait le choix de se plonger dans la spirale de mort qui émanait de Judith et il en payait les conséquences car elle ne pouvait rien offrir de plus que ce néant qu'était si confortablement installé autour d'elle, Judith enfant née dans la douleur, marquée par le desespoir, ayant grandie grâce à la mort d'innocents et vivant obscénement cette vie dégoûtante à l'odeur ensanglantée.

 

- Veronika... N°4 tombée... N°2 ... en fuite...

- Veronika, ici Hypolite. E-1 arrive. Voie libre. Nous venons vous sortir et vous amener au toit.

Tout un tas d'autres informations résonnaient joyeusement dans son oreillette mais elle n'écouta pas.

Peu lui importait que cette mission réussise.

Son existence n'était qu'un terrible néant, elle n'était rien ni personne et par conséquent, les affres extérieurs ne l'atteignaient pas.

Rangeant son arme, elle s'étira, le regard perdu.

En cette nuit se réalisait l'un des principaux but de son existence qui appartenait toute entiére à son pére et qui avait choisi d'en disposer ainsi : c'était il y a 14 ans, le dernier jour de son existence de petite fille heureuse au sein d'un foyer cette nuit où sous ses yeux s'était déroulé ce à quoi elle était destiné faisant s'envoler de son coeur les derniéres parcelles d'innoncence et de bonheur, le sang venant ronger et couvrir le peu de lumiére qui avait perçé dans son âme.

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