Le 24 février.

Judith a voyagé entiérement en taxi qui l'a
déposé juste devant le portail avec sa valise.
460 kilométres de
Benecd.
Cette maison ne lui ai pas totalement étrangére,
elle y a vécut pendant un an-et-demi avec Caroline.
Caroline, sa mére et Manrick, le fils aîné de
celle-ci puis ils avaient déménagés en ville
quand Petru, le dernier enfant que sa mére avait eu
(quelques années aprés Judith) était revenu de
pension.
Quel âge ont-ils ? Manrick
devait avoir deux ou peut être trois ans de plus que moi et
Petru avait un an de moins que moi. Ou non, plus, il avait deux ans
de moins, mais il faisait plus vieux... enfin il me
semble.
Non, je ne me souviens plus
!
Il était 8h30 et le soleil commençait à se
lever.

Le portail était toujours aussi lourd, la maison semblait
ne pas avoir vieilli, même les arbres étaient
semblables à son vague souvenir.
Elle se revoyait arrivé, à l'âge de 10 ans,
ce même jour, un 24 fevrier mais dans la nuit glaciale d'un
hiver rigoureux.
Elle n'avait pas oublié le frisson qui l'avait parcouru
à ce moment là, elle qui n'avait connu que la terre
chaude, la brise douce et légére du soir qui faisait
voleter ses cheveux, la lune toujours brillante se refletant sur
une belle mer calme, l'immaculée blancheur d'une neige
toujours au rendez vous avec son froid sec qui qui lui sentait bon,
cette odeur qui était maintenant gravé dans son coeur
comme l'odeur d'une liberté à jamais
envolé.
Plus jamais, elle n'avait vu la neigne ou la mer,
retranchée qu'elle était derriére la rempart
imprenable de son coeur, mais elle s'était s'y bien
protéger de l'extérieur qu'elle avait fini par ne
même plus le voir ...
Judith arrivait devant l'imposante maison, la porte s'ouvrit et
un vieil homme en sortit, il lui semblait le connaître mais
elle n'était sûre de rien.

Il ne salua pas et la fit entrer dans "l'entrée", il
s'avança vers un couloir et jeta un coup d'oeil rapide et
discret pour voir si elle le suivait mais elle s'était
stoppé, en attente.
Elle ne se sentait pas chez elle et n'allait pas faire comme si,
en entrant sans l'accord d'un de ses hôtes.
"Hôte" ... Je ne suis même
pas vraiment la bienvenue. Je
préférerais[...]
Mais elle fut interrompu dans ses pensées par
l'arrivée d'un jeune homme de carrure assez imposante, il
lui sourit chaleuresement et lui dit :
- Veronika ! On t'attendait mais peut
être pas aussi tôt ...

- Judith le corrigea t-elle
Tu es ... Petru ? Sans savoir
pourquoi, il lui vaguement semblait le reconnaître : ses
cheveux blonds et ces grands yeux d'un bleu extraordinaire comme
ceux de Caroline, comme les siens ...

- Oui ! Je suis désolé pour
le faire-part, c'est Manrick qui devait s'en occuper mais on ne
retrouvait pas ton adresse et ce gros fainiant à laisser sa
secrétaire s'occuper de te retrouver mais ça n'as pas
été trop dur, heureusement, tu n'avais pas
déménagé. Il lui sourit encore une
fois. Bah tu connais la maison. Jte fais pas
visité, hein ! Bon bah, on va voir Manrick. Il est un peu
sur les nerfs en ce moment et en plus, il y a pas de famille qui a
décidé de descendre au Manoir ou au moins en ville
donc, il doit gérer plein de choses et il est
débordé à son travail ! Enfin breffons, on va
pas rester là ! Euh ... Serge t'a pas pris ta valise
?
- Pardon ? De qui parle t-il ?
- Serge, tu dois le connaître, le
... euh ... l'intendant.
- Ah oui. hum... Comment ça
"s'occuper de ma valise" ? Elle sentait que la
réponse de Petru lui déplairait fortement

- Bah tu préféres la monter
toute seule dans ta chambre ?
- C'est-à-dire que ... Judith n'avait absolument pas l'intention de dormir dans
cette maison ou "manoir" comme il l'appelait, elle comptait se
trouver un hôtel en ville. Je pensais aller à
l'hôtel.
- hein ? Pourquoi ? Ta chambre est
prête, personne n'y a jamais touché donc tu devrais la
retrouver en état

Voila l'effet de l'education de cette
femme, ce garçon est vraiment attardé
...
Judith décida de laisser les
choses aller dans la direction qu'elles voudraient, elle n'avait
pas envie de se battre.
Il semblait un peu géné mais se ressaisit et la
fit entrer dans la couloir à gauche, le petit salon ...

Effectivement, de ce côté-ci,
on finissait par déboucher sur une piéce qui devait
être aussi grande que l'appartement de Judith mais qui
était considéré comme une "petite"
piéce dans cette maison.
La porte était entrouverte et Petru y entra.

Judith entra aussi et son coeur s'arrêta.
Le souvenir de cette piéce lui revint
instantanément, pas un livre, pas une poussiére
n'avait changé de place en 10 ans, elle se revoyait dans
cette piéce, elle s'y était enfermé des
journées durant, lisant tous les livres qui se trouvaient
à sa portée.
Et, au millieu de cette piéce, qui avait
été le seul endroit où elle s'était
sentie bien dans cette nouvelle vie qu'on lui avait imposé,
là, en face d'elle se trouvait, la
concentration de tous les plus beaux poémes, les plus belles
phrases jamais écrite :

- Ah bah Raphaël, c'est toi ! Tu sais
pas où est passé mon frére ? Lui
demanda Petru
- Mariaetzja et Manrick sont
montés. Prends ton mal en patience. Lui
répondit Raphaël gardant son livre ouvert,.
Malgré ses traits fins, sa voix était grave mais ce
qui étonna Judith c'est que pour une raison inconnue on
aurait dit qu'il avait chanté, tant ses paroles avaient
découlé agréablement de sa bouche (parfaite,soit dit en passant).

- Bah je suis désolé
S'excusa Petru maladroitement en se retournant vers
Judith Je ... Mais "l'intendant"
Serge venait de faire son apparition et chuchota quelque chose
à Petru qui lui fit un signe de la tête et partit du
petit salon suivit par le vieil homme qui s'en alla sans un regard
en arriére ou une parole. Judith se retrouva seule au beau
millieu de cette piéce, Raphël lui lança un
vague signe de tête et reprit sa lecture.

Mais, ce n'était pas dans le caractére de Judith
de rester sottement planté des
heures, gênée, elle se dirigea vers la porte qui
donnait sur l'extérieur et observa la petite cour où
elle avait passé beaucoup de temps un livre à la
main, fuyant ses propres pensées.
Elle voulait ouvrir et sortir mais :
- Nous sommes en hiver, s'il vous
plaît, n'ouvrez pas. Il fait assez froid dans le reste de la
maison sans que cette piéce perde elle aussi le peu de
chaleur qu'elle contient.

- Je sors juste voir un peu
Depuis quand est-ce que je me justifie
? Judith ouvrit la porte qui comme autrefois
n'était ni bloqué ni même fermé, le
vieux bois craquait sous ses pas, il y avait toujours cette odeur
étrange des cuisines, de la pierre humide et de la terre
frâche mélangés. Dans son dos, le jeune homme
fit un vague bruit de gorge. Judith referma la porte, elle ne
voulait pas de ces souvenirs. Elle décida de patienter
calmement, elle chercha "Les Fleurs du Mal", elle avait besoin
d'oublier ne serait ce que quelques secondes où elle se
trouvait, sa situation toute entiére; mais parmi tous les
livres alignés de Charles Baudelaire, il n'en manquait qu'un
seul, celui qu'elle voulait précisement.

Elle se retourna et regarda le jeune homme dans le coin en face
d'elle, il lisait paisiblement un livre dont on sentait le
vécu, "Les fleurs du Mal" en version relié que sa
mére lui avait offert, pour la faire tenir tranquille
certainement, Judith ne supportait pas de voir son seul et unique
compagnon, son sauveur parmi des moments difficiles entre les mains
de cet inconnu et comme s'il sentait son trouble, il releva la
tête (Raphaël pas le livre), son
regard passant au travers de ses cheveux :

- Vous cherchez quelque chose à lire
? Il avait dit ça avec une voix
si méprisante...
- Non, pas
particuliérement.
A peine avait-elle finit sa phrase qu'il se replongeait deja
dans son livre, mais Judith ne put s'empêcher d'ajouter :
- Vous lisez Les fleurs du mal pour la
premiére fois ?
- Oui. Raphaël releva son
visage du livre et la regarda. Leurs regards étaient
plantés l'un dans l'autre. Pourquoi,
vous connaissez ?
- Qui ne connais pas ? Elle avait eu envie de lui répondre que
c'était son livre mais elle ne le fit pas,
préférant garder le contrôle de la
conversation.
- Je ne connaissais pas.
- Vous avez votre bac ?
- Oui.
- Vous êtes sûr ?
Lui demanda t-elle tout
naturellement
- Oui, je suis sûr d'avoir eu mon
bac. Lui répondit il sur le
même ton. Pourquoi ?
- Avoir le bac et ne pas connaître
Baudelaire est quelque chose d'inhabituel.
- Je connais pas "Les fleurs du mal", cela
ne veut pas dire que je ne connais pas Baudelaire.
- Avoir "entendu parler" n'est pas
"connaître".
- Pourriez vous me citer les
différentes maniéres d'échauffer sa voix en
préparation d'un concert de metal?
- Pardon ?
- Tout le monde connaît la
réponse une fois passé les 16-18 ans. Avoir
passé cet âge et ne pas connaître la
différence est quelque chose d'inhabituel.
- Alors quelle sont ces
différences ? Lui demanda
Judith, véxée de ne même pas avoir compris sa
question
- Qu'y a t-il d'inhabituel à ne pas
connaître par coeur toutes les oeuvres de Baudelaire
?
- C'est un classique
français. Il ne
réponds jamais aux questions qu'on lui pose
?
- La musique est fondamentale dans la
culture des adolescents.
- Je n'ai pas été une
adolescente comme les autres, alors.
- Moi non plus.

- Pourriez vous arrêter d'être
toujours si hautain et méprisant ? Finit par lui dire Judith, elle ne s'énervait pas,
son ton était toujours égal, sans hausse.
- Pourriez-vous, vous, arrêter de
l'être. Lui répondit de
la même maniére Raphaël
- Moi ? Je ne suis pas méprisante
?
- Vous l'êtes. Et hautaine. Croyiez
vous que parce qu'on vous a donné la parfaite
éducation du petit chien-chien qui prendra gentiment la
reléve de papa/maman, vous êtes supérieure aux
autres ?
- J'ai reçu une éducation
parfaitement normale à peu
de chose prés... Et je
pourrais savoir ce qui vous permez de me juger ? Vous croyiez qu'en
croisant deux secondes une personne, vous pouvez la juger ? vous
vous croyiez assez supérieur aux autres pour vous le
permettre ?
- Vous êtes l'exacte copie de toutes
ces petites filles de bonne famille bien élevées et
polies, ne vous croyiez pas différente ! Et ce,
malgré ces affreux vêtements (
qu'est ce que tu
viens de dire sur ces vêtements magnifiques de ta
créa, Raphi ?!)
- Ah oui ?
- Tout à fait.
- Vous ne me connaissez même pas !
Si ça se trouve, je suis une petite junkie ramassée
sur le trottoir !
- Une "petite junkie ramassée
sur le trottoir" ne raménerait pas sa science sur des
poémes tellement nul que même ivre, je pourrai en
faire de mieux !

Mais Petru arriva en courant au beau millieu de cette
conversation houleuse, dirons nous, il s'approcha de Judith :
- Je suis désolé !
Commença t-il tout naturellement sans
se douter le moins du monde de la tension née entre les deux
personnes présentes. Le prêtre voulait
absolument parler à mon frére mais il a dû se
résigner à moi et il n'en finissait plus.
** mouahahaha
ils sont tous
complétement malades !!! Entre Petru qui est trop c*n,
Judith qui est une tarée, fanatique des livres et
Raphaël qui écoute du metal (attention, j'adore le
metal mais sa question ...) et qui fait super chi*r mouahahahahah
et encore, il va encore plus être étonnant dans peu de
temps ...