#6#  posté le dimanche 24 février 2008 18:30


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Le soir.

Judith avait passé une journée des plus banales mais cette phrase "Dans les caveaux d'insondable tristesse où le Destin m'a déja relégué" restait dans ses pensées, quelque chose allait-il arriver ?

Pourtant rien de nouveau ou de spécial ne lui arrivait plus depuis des années et c'était exactement ce à quoi elle aspirait, son passé mouvementé, il était derriére elle, elle l'avait enterrée ... mais n'était ce pas plutôt l'inverse, ne s'était-elle pas elle même enterrée pour ne plus avoir à faire face à ce passé ?

 Toutes ses pensées confuses l'amenérent sans qu'elle ne s'en rende compte dans un vieux parc oublié de tous, il n'y avait plus que les animaux et elle qui devaient encore connaître l'existence de ce petit bout de paradis terrestre.

 Le mercredi était toujours un jour un peu mouvementé, elle l'appelait "le jour des enfants", c'était en général ce jour là que les accidents avec les enfants arrivaient, resté chez eux, chez des amis ou encore à leurs activités sprotives, les enfants se blessaient, cela pouvait être grave (aujourd'hui, il avait eu un petit garçon qui s'était brûlé une partie du visage en se renversant sur lui une casserolle bouillante et une petite fille qui, en rentrant de l'école, s'était faîte renversée) et les amenaient au "2 éme étage" ou "l'étage actif", c'est là que tous les patients en attente d'une operation ou d'examens prochains étaient placés.

Sa journée avait donc était assez longue et le trajet pour rentrer chez elle était d'une heure à peu prés, il était 20 heures mais Judith ne s'était pas préssée et ce petit détour la ferait rentrer vers les 21 heures environ.

La nuit était tombée mais il ne faisait pas encore trop froid pourtant, elle était bien contente d'avoir sa veste, un vent frais soufflait doucement

Elle marcha lentement, laissant ses mains vagabonder dans les arbustes et les hautes fleurs.

Des images, des sons et des senteurs de son enfance remontérent en elle.

Son pére.

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Son visage était désormais flou à sa mémoire mais ce n'était pas son visage qui l'avait marquée, c'était sa voix, quand il parlait à d'autres personne, il possédait un léger accent mais quand il s'adressait à sa fille, "sa charmante Espérance" comme il l'appelait tendrement, sa voix prenait des inflections magiques, il l'entrainait dans un autre monde, lui lisait des poémes, il faisait vivre sous ses yeux ébahis d'enfant : des femmes à la beauté éblouissante et au venin mortel, un Satan miséricordieux et des scénes, des scénes de pleine mer, de marin et d'albatros, une ville immense et bruyante, Paris et surtout, des fleurs maladives, qu'elle aimait tant s'imaginer toucher, sentir et pleurer devant leur beauté.

Charles Aksha lui avait appris à lire à 5 ans avec le recueil de poéme de Charles Baudelaire "Les Fleurs du Mal", il lui avait donné le nom de la femme peinte en couverture de son vieux livre qu'il avait depuis sa jeunesse, un tableau de Klimt qui avait représenté une femme du nom de Judith, il l'avait ainsi faîte baigner dés sa naissance dans le monde de l'art : la peinture, la sculture ainsi que la littérature et surtout la poésie.

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A six ans, Judith commença à apprendre le piano sur un immense piano à queue que son pére avait installé dans la véranda de leur maison, face à la mer, il lui apprit aussi la harpe, la guitarre, l'harmonica, le violon et le violoncelle ensuite et il la fit chanter, il lui demandait souvent de lui chanter des chansons tout en jouant de tel ou tel instrument.

Elle adorait passer ses soirées d'hiver à chanter accompagnée de son piano (instrument qu'elle chérissait plus que tout) en voyant le paysage se teintait de blanc puis ensuite la neige fondre doucement au fur-et-à-mesure que le printemps arrivait, là elle changeait d'instrument et alternait entre tous.

 

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Elle avait vécut ainsi pendant 10 ans, puis un 24 février, tout son monde s'écroula.

Sa vie changea brutalement et elle se retrouva propulsé dans un monde totalement différent ...

 

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#7#  posté le dimanche 24 février 2008 19:59

Son portable sonna.

La douce tiedeur du sable et de la terre séche chauffée par le soleil s'envola et l'air qui s'était refroidi la fit revenir au présent.

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Elle sortit son portable, regarda l'écran : "FLO" s'inscrivit et en dessous en petite lettre comme un Nota Bene "ne surtout pas répondre", elle remit son portable dans sa poche et quitta le parc sans presser specialement son pas, en revenant prés de la route, elle vit un taxi vide remontait la longue avenue déserte et décida de s'offrir le luxe de rentrer en taxi pour une fois, elle leva sa main et héla le taxi qui s'arrêta, le conducteur lui demanda où elle allait, elle lui donna sa rue et lui demanda de la laisser en bas de celle ci, elle pourrait économiser quelque euros et elle marcherait un peu.

Sa course en taxi lui prit toute la monnaie qu'elle avait sur elle : 35 euros.

Comme chaque soir, en arrivant dans son immeuble, elle prit son courrier et le feuilletta rapidement, il n'y avait jamais grand chose de bien intéressant, cette fois ne ferait pas exception apparement, des factures ; electricité, gaz, eau et loyer, les charges et son relevé bancaire mais une envelloppe attira son attention, elle était rouge et sentait une odeur qui lui était particuliérement familliére mais elle était arrivé au 6 éme étage, dans son couloir et si elle voulait la paix, elle devait éviter que Flore ne la vois, tout du moins, pas tout de suite alors Judith cacha la lettre sous son manteau.

Elle avait à peine finit d'ouvrir sa porte que sa meilleure amie lui sauta au cou en s'écriant :

- C'est la fêteeeeeeee

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- Quoi ? Lui demanda Judith allant dans la cuisine pour y déposer son courrier

- Kikoo nous invite ce soir, il a dit que c'était Sisi qui faisait la cuisine ! Bon allez dêpéche toi, il a dit qu'on devait être là pour 9 heures !

- 9 heures ? Il est 9 heures moins le quart, on ne peut pas y être à l'heure !

- C'est pas grave, avec les hommes, on a toujours 1 heure de plus pour arriver avant d'être considérée comme "en retard" ! Bon fais viiiiiite, j'ai trooop envie d'y aller !

- J'ai compris, j'ai compris !!! Je me depêche !

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- Ca te va ?

- Oh ! Tu es deja prête ! Mais que tu es belleeeee ! S'écria Flore en se retournant hey ! c'est pas à moi, ça ! Tu es allée faire du shopping sans moa ! Dit-elle en faisant sa tête de petit chien abbatu Tu es vilaine !

- N'importe quoi, je l'ai acheté il y a longtemps ! Bon et toi tu comptes être prête quand ?

Aprés trentes minutes, Judith et Flore furent prêtes et partir, Flore avait sa propre voiture et Kikoo n'habitait qu'à 10 minutes en voiture de chez Judith, elles furent donc persque (!) à l'heure chez le fameux kikoo.

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#8#  posté le mercredi 27 février 2008 21:44

Kikoo vivait dans un quartier résidentiel, certes chic, mais trés jeune et donc dynamique.

Kikoo, ou de son vrai nom, Roméo Well, 24 ans était le chef de la clinique Rajewak, il travaillait souvent avec Judith, il apréciait son travail toujours précis et inpécable.

- Kikooooo S'écria Flore en se dépêchant de le serrer dans ses bras

- Salut. Kikoo, pourquoi cette invitation surprise et tardive ? DEmanda Judith sentant qu'il manigançait quelque chose

- On fête le retour d'un ami Lui répondit simplement Kikoo en lui faisant un clin d'oeil et en les faisant entrer

- Qui ... Voulut interroger Judith

- Kyaaaaaaaaaaaaaaaaaa

mais le cri de Flore la fit taire.

Judith s'avanca vers le salon de Kikoo et vit, installé tranquillement, un homme ...

- Keith est rentré, il y a deux jours et ne faisait que dormir alors je me suis dit qu'on allait le faire bouger un peu !

Keith ... Oui. Judith s'en souvenait mais il avait tellement changé ...

- Tu ne peux pas appeler tes amis, toi ? Lui cria dessus Flore qui se l'enlaca tendrement Tu nous as manqué ! Judith ne veux jamais sortir et Kikoo préfére rester avec Sissi, je m'ennuie tellemeeeent !

- hahaha ! Il faut prendre soin des princesses, tu sais ! sissi ne doit pas trop sortir de son château !

- Oui mais il n'y a que Sissi qui est chouchouté ! Et moi alors ?

- Désolé, mademoiselle Bambi. 

- Où est Sissi ? Demanda Judith, restée de son côté avec Kikoo

- XAvier l'a appelé il y a une demi-heure, elle devrait avoir fini avant qu'on passe à table

- Xavier ?

- Son frére.

- Son frére ...euh le ...

- Oui "le" ... Dis donc, tu savais, toi, qu'il y avait quelque chose entre notre Bambi et Keith ?  lui demanda Kikoo qui regardait attentivement Flore frappé Keith tout en pialliant

- Flore a dû couché avec à peu prés tout ce qui était de sexe masculin.

Sissi fit enfin son apparition, ce n'était pas pour rien, qu'on l'appelait la "princesse Sissi", elle se chamaillait souvent avec FLore pour savoir laquelle des deux était la plus belle ...

(A gauche, Judith et Kikoo ou Roméo et en face, à droite, Flore [invisible sur cette image ... pour une fois ] Sissi [oui la belle blonde ] et Keith)

La soirée se passa dans la joie et la bonne humeur.

 

Flore sortit fumer un moment et fut rejointe par un kikoo intrigué :

- Keith est là et pourtant on dirait vraiment que tu as la tête ailleurs.

- Dis, au fond, on sait quoi de Judith ?

- hein ?

- Je vis presque tous les jours avec elle depuis presque 6 ans mais je ne connais toujours rien d'elle ! Ses parents, c'est qui ? Ils sont où ? Elle a de la famille ? Des amis autres que nous ?

- Tu n'avais pas dit que tu t'en fichais ?

- Je croyais qu'elle finirait par tout me raconter mais, même en étant à ses côtés, on dirait qu'elle n'est jamais là ! Et il y a cette enveloppe ...

- une envelloppe ? De quoi tu parles encore ? T'es pas deja bourré au moins ?

- Non ! Ce matin, elle a reçu une lettre, c'est adressé à "Mademoiselle Veronika Städt-Aksha"

- Veronika ?

- Oui, "Veronika" et puis c'est quoi ce deuxiéme nom de famille ?

- et pourquoi tu me le demandes à moi ?

- J'ai peur de lui demander à elle, je sais qu'elle me répondra pas ou au mieux, elle m'enverra me faire voir.

- Insiste.

- Ca sert à rien. Elle ... Flore se tut, Judith approchait.

 - flore, Keith accepte de te ramener CHEZ TOI donc moi, je vais y aller, je ne veux pas rentrer trop tard et en ayant trop bu.

- Il est à peine 1 heure, tu peux rester encore, je te raccompagne. Lui proposa Kikoo

- Non merci. Ca va aller. De toute façon, je ne comptais pas partir tard.

- O.K. C'est If you want ma cocotte ! Bon bah à plus alors !

- Oui, je passe demain à la clinique prendre ma nouvelle fiche de visite.

- No problem. Ciao Kikoo lui fit la bise et rentra.

- Salut, passe une bonne soirée Bambi.

- Ca va ! M'appelle pas comme ça, toi aussi ! Tu ... mais Judith s'éloignait deja et FLore n'eut pas le temps de lui dire aurevoir

Judith se dépêcha de rentrer chez elle.

En rentrant, elle alla directement à sa cuisine et elle sortit d'un des placard de sa cuisine la lettre rouge et l'ouvrit, il y a vait deux longues lettres recto-verso et un petit papier.

Elle prit les lettres et se dirigea vers son canapé pour les lire mais son regard tomba sur une envellope posé sur sa table, elle jeta un rapide coup d'oeil et vit qu'elle était au nom de "Veronika Städt-Aksha".

Qu'est ce que c'est ? Ca faisait longtemps ... oui, vraiment trés longtemps.

judith semblait plus lasse qu'étonnée.

Elle l'ouvrit et lut rapidement la courte carte qui s'y trouvait.

Elle lâcha la carte et se recula.

Alors elle est morte ... Pourquoi je ne ressent rien ?

Ma mére est morte. morte. morte. Et alors ?

Je suppose que je dois y aller. "Nous avons le regret de vous faire part du décés de Caroline Städt-Kohpof"

DEmain, le 24 février ... Alors cette femme serait enterrée le jour de la mort de son pére.

Papa ...

Ses entrailles se refermérent d'un coup et son estomac fut pris d'assaut par ses souvenirs qui remontaient et menaçaient de s'échapper de son corps.

Va te reposer, Judith, ne reste pas là, debout comme une imbécile, va te coucher et essaie d'oublier.

Judith alla se coucher rapidement sans même se changer.

Voila, ça passe, calme toi, ne pense pas à tous ça.

Judith s'endormit et se reveilla trois heure plus tard.

Elle était attendu ce matin dans la maison de sa mére et pour y arriver à l'heure, elle devrait partir vers 6 heures mais Judith décida de partir immediatement.

Elle s'habilla et emmena avec elle des affaires pour l'enterrement et d'autre de rechange, elle ne comptait rester là bas qu'un jour ou deux.

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#9#  posté le dimanche 02 mars 2008 19:19

Le 24 février.

 

Judith a voyagé entiérement en taxi qui l'a déposé juste devant le portail avec sa valise.

460 kilométres de Benecd.

Cette maison ne lui ai pas totalement étrangére, elle y a vécut pendant un an-et-demi avec Caroline. Caroline, sa mére et Manrick, le fils aîné de celle-ci puis ils avaient déménagés en ville quand Petru, le dernier enfant que sa mére avait eu (quelques années aprés Judith) était revenu de pension.

Quel âge ont-ils ? Manrick devait avoir deux ou peut être trois ans de plus que moi et Petru avait un an de moins que moi. Ou non, plus, il avait deux ans de moins, mais il faisait plus vieux... enfin il me semble.

Non, je ne me souviens plus !

Il était 8h30 et le soleil commençait à se lever.

Le portail était toujours aussi lourd, la maison semblait ne pas avoir vieilli, même les arbres étaient semblables à son vague souvenir.

Elle se revoyait arrivé, à l'âge de 10 ans, ce même jour, un 24 fevrier mais dans la nuit glaciale d'un hiver rigoureux.
Elle n'avait pas oublié le frisson qui l'avait parcouru à ce moment là, elle qui n'avait connu que la terre chaude, la brise douce et légére du soir qui faisait voleter ses cheveux, la lune toujours brillante se refletant sur une belle mer calme, l'immaculée blancheur d'une neige toujours au rendez vous avec son froid sec qui qui lui sentait bon, cette odeur qui était maintenant gravé dans son coeur comme l'odeur d'une liberté à jamais envolé.

Plus jamais, elle n'avait vu la neigne ou la mer, retranchée qu'elle était derriére la rempart imprenable de son coeur, mais elle s'était s'y bien protéger de l'extérieur qu'elle avait fini par ne même plus le voir ...

 

Judith arrivait devant l'imposante maison, la porte s'ouvrit et un vieil homme en sortit, il lui semblait le connaître mais elle n'était sûre de rien.

Il ne salua pas et la fit entrer dans "l'entrée", il s'avança vers un couloir et jeta un coup d'oeil rapide et discret pour voir si elle le suivait mais elle s'était stoppé, en attente.

Elle ne se sentait pas chez elle et n'allait pas faire comme si, en entrant sans l'accord d'un de ses hôtes.

"Hôte" ... Je ne suis même pas vraiment la bienvenue. Je préférerais[...]

Mais elle fut interrompu dans ses pensées par l'arrivée d'un jeune homme de carrure assez imposante, il lui sourit chaleuresement et lui dit :

- Veronika ! On t'attendait mais peut être pas aussi tôt ...

- Judith le corrigea t-elle Tu es ... Petru ? Sans savoir pourquoi, il lui vaguement semblait le reconnaître : ses cheveux blonds et ces grands yeux d'un bleu extraordinaire comme ceux de Caroline, comme les siens ...

- Oui ! Je suis désolé pour le faire-part, c'est Manrick qui devait s'en occuper mais on ne retrouvait pas ton adresse et ce gros fainiant à laisser sa secrétaire s'occuper de te retrouver mais ça n'as pas été trop dur, heureusement, tu n'avais pas déménagé. Il lui sourit encore une fois. Bah tu connais la maison. Jte fais pas visité, hein ! Bon bah, on va voir Manrick. Il est un peu sur les nerfs en ce moment et en plus, il y a pas de famille qui a décidé de descendre au Manoir ou au moins en ville donc, il doit gérer plein de choses et il est débordé à son travail ! Enfin breffons, on va pas rester là ! Euh ... Serge t'a pas pris ta valise ?

- Pardon ? De qui parle t-il ?

- Serge, tu dois le connaître, le ... euh ... l'intendant.

- Ah oui. hum... Comment ça "s'occuper de ma valise" ? Elle sentait que la réponse de Petru lui déplairait fortement

- Bah tu préféres la monter toute seule dans ta chambre ?

- C'est-à-dire que ... Judith n'avait absolument pas l'intention de dormir dans cette maison ou "manoir" comme il l'appelait, elle comptait se trouver un hôtel en ville. Je pensais aller à l'hôtel.

- hein ? Pourquoi ? Ta chambre est prête, personne n'y a jamais touché donc tu devrais la retrouver en état

Voila l'effet de l'education de cette femme, ce garçon est vraiment attardé ...

Judith décida de laisser les choses aller dans la direction qu'elles voudraient, elle n'avait pas envie de se battre.

Il semblait un peu géné mais se ressaisit et la fit entrer dans la couloir à gauche, le petit salon ...

Effectivement, de ce côté-ci, on finissait par déboucher sur une piéce qui devait être aussi grande que l'appartement de Judith mais qui était considéré comme une "petite" piéce dans cette maison.

La porte était entrouverte et Petru y entra.

 

 

Judith entra aussi et son coeur s'arrêta.

Le souvenir de cette piéce lui revint instantanément, pas un livre, pas une poussiére n'avait changé de place en 10 ans, elle se revoyait dans cette piéce, elle s'y était enfermé des journées durant, lisant tous les livres qui se trouvaient à sa portée.

Et, au millieu de cette piéce, qui avait été le seul endroit où elle s'était sentie bien dans cette nouvelle vie qu'on lui avait imposé, là, en face d'elle se trouvait, la concentration de tous les plus beaux poémes, les plus belles phrases jamais écrite :

- Ah bah Raphaël, c'est toi ! Tu sais pas où est passé mon frére ? Lui demanda Petru

- Mariaetzja et Manrick sont montés. Prends ton mal en patience. Lui répondit Raphaël gardant son livre ouvert,. Malgré ses traits fins, sa voix était grave mais ce qui étonna Judith c'est que pour une raison inconnue on aurait dit qu'il avait chanté, tant ses paroles avaient découlé agréablement de sa bouche (parfaite,soit dit en passant).

- Bah je suis désolé S'excusa Petru maladroitement en se retournant vers Judith Je ... Mais "l'intendant" Serge venait de faire son apparition et chuchota quelque chose à Petru qui lui fit un signe de la tête et partit du petit salon suivit par le vieil homme qui s'en alla sans un regard en arriére ou une parole. Judith se retrouva seule au beau millieu de cette piéce, Raphël lui lança un vague signe de tête et reprit sa lecture.

 

Mais, ce n'était pas dans le caractére de Judith de rester sottement planté des heures, gênée, elle se dirigea vers la porte qui donnait sur l'extérieur et observa la petite cour où elle avait passé beaucoup de temps un livre à la main, fuyant ses propres pensées.

Elle voulait ouvrir et sortir mais :

- Nous sommes en hiver, s'il vous plaît, n'ouvrez pas. Il fait assez froid dans le reste de la maison sans que cette piéce perde elle aussi le peu de chaleur qu'elle contient.

- Je sors juste voir un peu Depuis quand est-ce que je me justifie ? Judith ouvrit la porte qui comme autrefois n'était ni bloqué ni même fermé, le vieux bois craquait sous ses pas, il y avait toujours cette odeur étrange des cuisines, de la pierre humide et de la terre frâche mélangés. Dans son dos, le jeune homme fit un vague bruit de gorge. Judith referma la porte, elle ne voulait pas de ces souvenirs. Elle décida de patienter calmement, elle chercha "Les Fleurs du Mal", elle avait besoin d'oublier ne serait ce que quelques secondes où elle se trouvait, sa situation toute entiére; mais parmi tous les livres alignés de Charles Baudelaire, il n'en manquait qu'un seul, celui qu'elle voulait précisement.

Elle se retourna et regarda le jeune homme dans le coin en face d'elle, il lisait paisiblement un livre dont on sentait le vécu, "Les fleurs du Mal" en version relié que sa mére lui avait offert, pour la faire tenir tranquille certainement, Judith ne supportait pas de voir son seul et unique compagnon, son sauveur parmi des moments difficiles entre les mains de cet inconnu et comme s'il sentait son trouble, il releva la tête (Raphaël pas le livre), son regard passant au travers de ses cheveux :


- Vous cherchez quelque chose à lire ? Il avait dit ça avec une voix si méprisante...

- Non, pas particuliérement.

A peine avait-elle finit sa phrase qu'il se replongeait deja dans son livre, mais Judith ne put s'empêcher d'ajouter :

- Vous lisez Les fleurs du mal pour la premiére fois ?

- Oui. Raphaël releva son visage du livre et la regarda. Leurs regards étaient plantés l'un dans l'autre. Pourquoi, vous connaissez ?

- Qui ne connais pas ? Elle avait eu envie de lui répondre que c'était son livre mais elle ne le fit pas, préférant garder le contrôle de la conversation. 

- Je ne connaissais pas.

- Vous avez votre bac ?

- Oui.

- Vous êtes sûr ? Lui demanda t-elle tout naturellement

- Oui, je suis sûr d'avoir eu mon bac. Lui répondit il sur le même ton. Pourquoi ?

- Avoir le bac et ne pas connaître Baudelaire est quelque chose d'inhabituel.

- Je connais pas "Les fleurs du mal", cela ne veut pas dire que je ne connais pas Baudelaire.

- Avoir "entendu parler" n'est pas "connaître".

- Pourriez vous me citer les différentes maniéres d'échauffer sa voix en préparation d'un concert de metal?

- Pardon ?

- Tout le monde connaît la réponse une fois passé les 16-18 ans. Avoir passé cet âge et ne pas connaître la différence est quelque chose d'inhabituel.

- Alors quelle sont ces différences ? Lui demanda Judith, véxée de ne même pas avoir compris sa question

- Qu'y a t-il d'inhabituel à ne pas connaître par coeur toutes les oeuvres de Baudelaire ?

- C'est un classique français. Il ne réponds jamais aux questions qu'on lui pose ?

- La musique est fondamentale dans la culture des adolescents.

- Je n'ai pas été une adolescente comme les autres, alors.

- Moi non plus.

- Pourriez vous arrêter d'être toujours si hautain et méprisant ? Finit par lui dire Judith, elle ne s'énervait pas, son ton était toujours égal, sans hausse.

- Pourriez-vous, vous, arrêter de l'être. Lui répondit de la même maniére Raphaël

- Moi ? Je ne suis pas méprisante ?

- Vous l'êtes. Et hautaine. Croyiez vous que parce qu'on vous a donné la parfaite éducation du petit chien-chien qui prendra gentiment la reléve de papa/maman, vous êtes supérieure aux autres ?

- J'ai reçu une éducation parfaitement normale à peu de chose prés... Et je pourrais savoir ce qui vous permez de me juger ? Vous croyiez qu'en croisant deux secondes une personne, vous pouvez la juger ? vous vous croyiez assez supérieur aux autres pour vous le permettre ?

- Vous êtes l'exacte copie de toutes ces petites filles de bonne famille bien élevées et polies, ne vous croyiez pas différente ! Et ce, malgré ces affreux vêtements ( qu'est ce que tu viens de dire sur ces vêtements magnifiques de ta créa, Raphi ?!)

- Ah oui ?

- Tout à fait.

- Vous ne me connaissez même pas ! Si ça se trouve, je suis une petite junkie ramassée sur le trottoir !

- Une "petite junkie ramassée sur le trottoir" ne raménerait pas sa science sur des poémes tellement nul que même ivre, je pourrai en faire de mieux !

Mais Petru arriva en courant au beau millieu de cette conversation houleuse, dirons nous, il s'approcha de Judith :

- Je suis désolé ! Commença t-il tout naturellement sans se douter le moins du monde de la tension née entre les deux personnes présentes. Le prêtre voulait absolument parler à mon frére mais il a dû se résigner à moi et il n'en finissait plus.

 

 

** mouahahaha ils sont tous complétement malades !!! Entre Petru qui est trop c*n, Judith qui est une tarée, fanatique des livres et Raphaël qui écoute du metal (attention, j'adore le metal mais sa question ...) et qui fait super chi*r mouahahahahah et encore, il va encore plus être étonnant dans peu de temps ...

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#10#  posté le dimanche 02 mars 2008 23:11

Des pas se firent entendre dans le couloir qui menait au petit salon dont Petru n'avait pas fermé la porte, en entrant.

Un homme entra suivit d'une grande femme, Petru se retourna vivement et dit tout en se poussant pour liberer le champ de vison de son frére :

- Veronika est là !

- Bonjour. Dit froidement Judith en se levant. L'homme qui venait d'entrer la regarda encore plus froidement.

- Tu aurais pu non seulement prévenir mais aussi arriver plus tôt, mais bien sûr, la princesse n'est pas concerné par ces choses de bas-étages comme l'organisation de l'enterrement de sa mére !

Un froid se répandit dans la salle, Petru ne comprenait pas l'atitude de son frére et celui ci toisait Judith d'un regard noir tandis que la femme derriére lui semblait encore plus mal-à-l'aise et enfin, Raphaël qui la toisa lui aussi mais d'un regard indescriptible

- Je ... Judith savait l'inutilité de ses paroles alors elle les ravala Je n'ai pas à me mêler de vos histoires de famille

- Manrik ! Du calme, elle a fait ce qu'elle a pu ! Intervint enfin Petru avant que son frére ne s'énerve d'avantage, il s'inquiétait de la tournure que prenait cette histoire

- Bon je supposse qu'il faut que tu te douches et tout ça ?

- Oui.

- Tu sais où est ta chambre ?

- Plus vraiment ...

- Ohhh désolé princesse ! Mais on a pas de temps à t'accorder, au cas où tu ne serai pas au courant, on a d'autre chose plus importante de prévu comme l'enterrement de notre mére, Petru et moi ! L'invectiva un peu plus Manrick qui sentait les ongles de sa femme s'enfermait de plus en plus profondément dans sa chair mais il ne sentait même pas cette douleur physique, la douleur de revoir cette fille chez lui était tellement plus importante !

- Je m'occupe d'elle. A l'étonnement général, la voix grrave et sensuelle de Raphaël s'était élevé au dessus de leurs esprits confus et les prenait tous au dépourvus. Avant que quelqu'un ne réagisse et surtout pas Judith, il laissa son livre tombé au sol attrapa la valise noir de la jeune femme de sa main gauche, et le bras si frêle de Judith de se main droite, entrant les deux vers l'entrée, où se trouvait les escaliers menant à l'étage.

 

Une fois arrivés dans la chambre, Raphaël lâcha tout : la valise, le sac à main, qu'il avait pris au passage, et Judith; il lui indiqua la salle de bain et elle s'y rendit sans un mot.

 

Judith avait su en venant à quoi elle devrait s'attendre, elle savait que ce serait pénible, obligée de cotoyer des gens qui auraient dû être sa famille.
Elle se deshabilla par automatisme et entra dans la douche, ne sachant pas régler la chaleur de l'eau, elle eut le droit à une eau bouillant mais cela ne l'affecta même pas.

Elle resortit prit une serviette et retourna dans sa chambre où se trouva posé sur son lit comme son garde, le beau Raphaël qui n'esquissa même pas un mouvement quand elle fit mine de se diriger vers sa valise qui se trouvait à ses pieds, elle se baissa et ouvrit sa valise, ses sous vêtements était au dessus des autres affaires et elle les prit, se fichant du regard de Raphaël, elle prit la tenue qu'elle avait prévu pour l'enterrement et posa tout à la tête du lit, dans le dos de Raphaël, elle se changea.

L'avait-il regardé ou pas ?

Peut lui importait, elle serait reparti ce soir et ce jeune homme qui qu'il fût, elle ne le reverrai plus et même, elle oublierai jusqu'à son existence.

Mais pour le moment, il semblait bien décidé à faire valoir cette existence :

- Tu vois que tu es une petite fille de bonne famille. J'avais raison.

- Je n'ai pas de famille.

- C'est pour ça que tu es ici, d'ailleurs ! Lui repliqua t-il cyniquement

- Quand tu grandiras, tu apprendras que les adultes ont des responsabilités et supporter tout ça fait partie des miennes.

- Venant d'une petite fille qui doit à peine avoir la vingtaine voire la majorité, cette replique est affreusement blessante, tu as raison !

- Ca a 21 ans et ça veut jouer dans la cour des grands ! Se moqua t-elle

- J'ai 23 ans.

- Pareil.

- Tu ne les fait pas. Lui dit il sournoisement.

- Toi par contre physiquement je t'aurai bien donné la trentaine avec cette coupe de cheveux qui essaye à tout prix de faire jeune mais malheureusement dés que tu ouvres la bouche, c'est pour dire des choses de gamins pré-pubére. Dommage ! touché-coulé

- Donc en plus d'être méprisante et hautaine, tu es mesquine. Tu n'as vraiment rien pour plaire.

- Toi par contre, tu as tout : tout dans le physique,rien dans la tête.

- Oh ! Tu as sous-entendu que j'étais beau ! Tu as peut être du goût malgré tous ces affreux défauts. Tu mérites que je me présente ! Raphaël Poëte, le frére de Mariaetzja, la femme de Manrick.

- Le frére de ... Alors il s'est marié ?

- Il y a deux ans. Lui répondit Raphaël comprenant qu'elle paralait de Manrik. Tu ne savais pas ? Vos relations sont donc si bonnes que ça ?

- Ca faisait 7 ans que je n'avais plus de nouvelles ni de Manrick ni de personne.

- Tristes retrouvailles.

- Non, je te l'ai dit, ce n'est pas ma famille. Je ne serai pas venue si je m'étais écoutée mais je suis une adulte responsable et, que cela me plaise ou non, je dois assumer mon passé ou plutôt le leur. Et toi, pourquoi viens tu à l'enterrement de la belle-mére de ta soeur ?

- J'aime bien les enterrements et je n'avais pas grand chose d'autre à faire ...

- Tu es un être étrange !

- Je te retourne le compliment. il lui sourit et se releva. Tu n'étais pas censé avoir un enterrement à midi ?!

- Allons y.

 

Judith arriva en même temps que les autres personnes, elle ne se mit pas aux côtés de Manrick et Petru pour saluer les gens, de même pour la cérémonie, elle resta en retrait.

Raphaël lui s'était placé au côté de sa soeur, au premier rang avec les enfants et les deux fréres de la défunte.

Il jeta un rapide coup d'oeil mais il ne la vit pas, étonné, il inspecta mieux et finit par la voir : elle était au cinquiéme rang, son visage fermé et son regard lointain, elle ne remarqua même pas qu'il la regardait alors il re tourna la tête et suivit la cérémonie.

Une fois, le cercueil enterré, les gens allérent faire de nouvelles condoléances à Manrick et Petru.

Malgré le fait que pratiquement toutes ces personnes connaissaient l'existence de la fille de Caroline, personne ne remarqua son absence.

  

 

Le soir. 19 heures.

Judith se trouvait dans sa chambre, lisant "Tristesse et Beauté" d'un auteur japonais qu'elle appréciait beaucoup pour son univers mélancolique.
La porte de la chambre s'ouvrit et elle releva la tête, encore dans le monde de son livre, elle n'avait pas attendu le "TOC TOC" impatient de son "visiteur" :

- Moniseur a fait demander mademoiselle.
-  Pardon ?
Judith reconnut l'homme, "l'intendant" comme l'avait appelé Petru.
- Vous êtes attendue au salon. Lui dit il séchement

Et l'homme repartit en poussant la porte, Judith se leva et posa le livre.
Son reflet lui fut renvoyé par ce miroir qu'elle avait si bien connu : Le reflet a bien changé ... (Titanic POWAAA !)

Ses long cheveux, son teint hâlé délicat, son corps énergique et musclé avaient laissé la place à une femme amaigri aux traits tirés, le regard éteint, il n'y avait plus une once de ce charme que son pére aimait tellement vanter et pour lequel, elle avait reçu de si beaux compliments...
Mais ça, Judith ne le vit pas, ce qu'elle vit ce fut l'image d'un corps dont elle n'avait pas l'impression d'être propriétaire.

Judith se souvint que le salon se trouvait par le couloir opposé à celui du petit salon, elle se sentait un peu perdu, ses souvenirs, d'un côté, préférais resté caché là où elle les avait enfoui et de l'autre, certain lui revenaient : une situation paradoxale.
Elle arriva au salon, elle toqua doucement et entra, elle vit Petru et une jeune fille, assis côte à côte, regardant la télé et Manrik, assis dérriére eux, le dos tourné à la porte.

Il releva la tête vers elle doucement comme si cet acte le dérangeait et le dégoutait mais il était le seul à avoir entendu son entrée, les deux autres personnes occupées à parler et à rire fort.

Il se leva, et lui fit signe de le suivre, ce qu'elle fit.

Ils arrivérent dans la salle à manger, une assiette pleine posé sur la table, elle le regarda mais il détourna le regard, tout dans son habitude lui montrait sa haine, son mépris et surtout son dégout pour elle.
Elle s'installa et mangea, puis Manrik décida d'ouvrir la bouche :
- Quand pars-tu ?
- Demain, le plus tôt possible. J'ai appelé la société de taxi, ils n'étaient pas disponible avant 8 heures.
- D'accord, un petit déjeuner t'attendra ici à 7h15.
- TRés bien.
L'étiquette aurait voulu qu'elle le remercie de son "hospitalité" mais elle ne dit rien de plus, regrettant chaques paroles, chaques minutes passées dans cet endroit avec ces personnes.

 

Elle remonta dans sa chambre

Il était 19 heures 20 : Pour une fois, je vais faire une nuit de huit heures ! Quel luxe !

Judith observa cette chambre et repensa à la chambre qui l'avait vu grandir, elle était loin, trés loin d'elle et son coeur se serra à cette pensée mais : Pourquoi la maison existerait elle encore ? Elle a dû être remise à Caroline qui l'a vendu, elle n'en a jamais parlé mais je sais qu'elle méprisait tout ce qui venait de là bas ... et moi avec d'ailleurs !

 

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